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vidéo Le père Gilbert de Sisteron parle de sa vie amoureuse en disant "Je suis tombé amoureux une fois, peut-être deux"


"Tout au long de ma vie de prêtre, je suis tombé amoureux une fois de sûr, peut-être deux fois", dévoile en toute simplicité le père Gilbert, prêtre à Sisteron depuis plus de huit années. À 74 ans, ce Belge d'origine revient, avec beaucoup de sincérité, sur sa vie intime alors qu'il s'est engagé dans les ordres à seulement 17 ans.

"Quand j'ai découvert le sentiment amoureux, j'ai réalisé à quel point c'était humain et beau mais que je ne pouvais pas tout vivre". En effet, depuis 1139, les prêtres ont l'obligation de rester célibataires. Malgré cet élan envers une femme, le père Gilbert a donc choisi de rester fidèle à son engagement de prêtre en ne concrétisant pas cet amour. "Je ne le lui ai jamais formulé. Et la vie m'a aidé aussi parce que cette femme était amoureuse de quelqu'un d'autre", concède-t-il, tout en ne cachant pas que cette période de doutes n'a pas été facile.

Mais cette rencontre l'a alors poussé à se questionner sur son choix de vie et sur son engagement envers l’Église catholique mais surtout envers Dieu. "Je me suis regardé dans la glace et je me suis souvenu que mon premier amour était Dieu et que je m'étais engagé envers lui. Je n'avais pas le droit de remettre ça en cause. Comme dans un couple, on choisit ou non de continuer à aimer l'autre", se rappelle le père Gilbert, qui préfère être appelé simplement par son prénom.

Et son amour envers Dieu s'est déclaré extrêmement tôt. C'est à seulement 5 ans et demi, au moment de sa première communion, que Gilbert a la conviction qu'il entrera dans les ordres. À 17 ans, il réalise alors son souhait en s'engageant. "Je ne peux pas le dire autrement, je crois que je suis amoureux de Dieu. Et quand je suis entré dans les ordres, ça m'a rendu tellement heureux. J'étais au septième ciel", évoque-t-il, en ne pouvant réprimer un grand sourire. Un choix effectué très jeune qui a impliqué l'absence de la découverte de la gente féminine, d'un point de vue amoureux comme charnel. "Il faut aussi remettre les choses dans leur contexte. A cette époque, les collèges n'étaient pas mixtes." La rencontre avec des jeunes femmes de son âge a été donc limitée et la tentation de vivre une relation de couple ne s'est alors pas présentée.

"Comme dans un couple"

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Un amour inconditionnel pour Dieu que ce prêtre a du mal à analyser rationnellement. "Comme dans un couple. Quand j'accompagne deux personnes en préparation au mariage, ils disent qu'ils sont sûrs d'eux et que ça ne s'explique pas. Moi c'est pareil", pointe-t-il avec aplomb, en citant la célèbre phrase de Pascal : "Le cœur a ses raisons que la raison ignore".

Mais au-delà de la règle du célibat imposée par l’Église catholique, l'amour amoureux et l'amour envers Dieu ne pourraient-ils pas cohabiter dans le cœur d'un prêtre ? "Pour moi, c'est une question de fidélité envers Dieu. Comme dans un couple, il me paraît complexe d'aimer quelqu'un et d'avoir également des relations amoureuses à côté. C'est la même chose", pointe-t-il. Selon lui, l’Église catholique a également fait ce choix pour pousser les prêtres à mettre en priorité ultime leur amour pour Dieu. "Lorsque l'on se marie et que l'on a des enfants, la première responsabilité est d'être présent pour eux. Ça passe toujours en premier, au-delà de son travail. Le travail de prêtre passerait alors en second plan", décrit le septuagénaire. Aucun regret pour le prêtre de Sisteron de ne pas avoir eu d'enfants puisqu'il considère tous les jeunes paroissiens qu'il accompagne comme des enfants spirituels.

Sur la question du célibat des prêtres, le pape François s'est justement exprimé à ce sujet en mars dans un média argentin exprimant ne "pas être encore prêt à examiner [une modification], mais il est évident qu'il s'agit d'une question de discipline, qui existe aujourd'hui et qui n'existera peut-être pas demain, et qui n'a rien à voir avec un dogme". Un avis partagé par Gilbert : "Que des hommes mariés soient ordonnés prêtres, je crois que ça viendra. Par contre, cela paraît difficile d'envisager qu'un prêtre se marie alors qu'il est d'ores et déjà dans les ordres car il engagerait une personne dans une aventure qui n'est pas la sienne". Et à savoir si la fin du célibat des prêtres sonnerait l'arrêt des abus sexuels, notamment envers des enfants, qui secoue l’Église catholique depuis de longues années, Gilbert estime que le problème n'est pas là. "De nombreux abus sexuels se produisent aussi et surtout à l'intérieur des familles et la plupart du temps par des personnes mariées", avance-t-il.

Malgré cette prise de parole du Pape sur le sujet, cette question de la vie sentimentale et intime des prêtres reste un sujet tabou. "Nous sommes terriblement pudiques. Les prêtres savent très bien aborder les sujets théoriques mais quand il s'agit de partager leurs propres combats intérieurs, c'est plus difficile et c'est même extrêmement rare."

"La tendresse n'est pas forcément lié à un rapport sexuel"

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Mais malgré son célibat, Gilbert ne considère pas ne pas avoir connu l'amour. "Une vie humaine sans amour n'est pas une vie. C'est toujours une histoire d'amour qui nous guide, qui nous pousse. Le mien d'amour est pour Dieu", explique ce prêtre aux yeux bleus vifs et à la voix calme. Mais au-delà de Dieu, ce prêtre qui officie depuis 38 ans dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, ressent une autre forme d'amour, celle de l'amitié. "Ma capacité à donner de l'amitié, de la joie de vivre et de la tendresse, c'est ce qui me nourrit le plus au quotidien", décrit-il.

La question de l'affection et de la tendresse physique se pose forcément. Le bonheur provoqué par un simple enlacement amoureux est si fort qu'il est complexe d'imaginer une vie toute entière sans connaître cette sensation. "C'est vrai que c'est difficile, pour certains plus pour d'autres. Je trouve une forme de tendresse physique lorsque l'on se prend dans les bras avec mes confrères en signe de fraternité, ou avec les paroissiens pour se montrer notre amitié. Mais dans ma famille, on ne s'embrassait pas donc ce n'est pas quelque chose que j'ai beaucoup développé", se remémore-t-il, en précisant que la tendresse n'est donc pas forcément lié à un rapport sexuel.

Et sur cet épineux sujet du plaisir sexuel, Gilbert l'aborde sans détour. "L'amour sexuel, le rapport sexuel touche je crois vraiment en profondeur la personne. Mais je pense que la dimension spirituelle est encore plus profonde et plus forte. La relation spirituelle nourrit", décrit-il en prenant pour exemple un couple de septuagénaires de sa connaissance qui ne partage plus de vie sexuelle depuis longtemps et qui pourtant ressente l'un envers l'autre un amour bien plus ancré et profond.

En ce qui concerne les plaisirs intimes solitaires, le prêtre est sans appel : "Le plaisir provoqué à soi-même est tellement fugitif qu'il ne construit pas. La masturbation est quelque chose de normal mais je ne suis pas certain que ça construise. Pour moi, faillir à mon engagement de célibat [à travers des plaisirs intimes solitaires : NDLR] provoquerait une blessure en profondeur. Je ne serais alors pas fidèle envers mon propre engagement envers Dieu". 

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Author: Frank Roberts

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